Il y a quelques jours, des élus et des syndicalistes manifestaient devant la préfecture du Lot contre la fermeture des gares de Souillac et de Gourdon.
Ils avaient raison.
La menace intéresse-t-elle Cahors ?
Assurément : après les sous-préfecture, c’est bien la préfecture qui sera dans la ligne de mire.
Le combat est-il perdu d’avance ? Peut-être pas mais il nous faut des élus forts et influents pour nous défendre car le problème vient de loin.
C’est vers 1990 qu’il a été décidé en haut lieu de privilégier les axes Paris Bordeaux et Paris Lyon au détriment de Paris Toulouse et pas seulement en matière
ferroviaire.
Le résultat : des TGV ont été installés sur ces axes, le train Paris Toulouse devant à terme passer par…Bordeaux.
La ligne SNCF directe était ainsi promise à un lent dépérissement qui s’est traduit par la suppression de plusieurs trains et bientôt d’arrêts et de gares secondaires.
Pourquoi cette orientation ?
C’est une mode qui s’est propagée dans la haute technocratie, à l’instigation de Jean-Louis Guigou, mari d’Elisabeth et
gourou alors bien en cour de l’aménagement du territoire.
La chanson était qu’ « à l’heure européenne », il fallait simplifier la France, regrouper les régions, se concentrer sur trois ou quatre grands axes, prendre acte de l’essor des
zones maritimes et délaisser le centre de la France (quel compte obscur, M.Guigou, ancien élève de Sainte Marie de Rodez avait-il à régler pour être aussi hostile au Massif central ?). Faute
de contradiction, cette idée saugrenue est peu à peu devenue la « pensée unique » en matière d’aménagement du territoire.
Depuis 18 ans, ce plan absurde est, si l’on ose dire, sur les rails. Année après année, il s’exécute un peu plus.
Hélas, il ne s’est trouvé alors aucun grand élu, doté de bon sens pour taper du poing sur la table et dire que l’idée technocratique de délaisser l’axe médian de la France, Paris Toulouse était absurde.
Pourtant au tournant des années 1990, le ministre de l’équipement s ’appelait Maurice Faure, auquel Guigou vouait un véritable culte.
Nous n’accusons certes pas l’empereur du Lot s’être à l’origine de ce plan mais quand la fonction politique s’affaiblir, sous l’effet de politiques incompétents (ce n’était pas le cas de celui dont nous parlons) ou nonchalants, c’est la technocratie qui gouverne. Or il lui arrive, plus qu’à son tour, de délirer.
Les parlementaires de gauche qui s’associent aux manifestations pour la réservation des gares du Lot devraient se souvenir de tout cela.